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Être heureux au présent

J’ai longtemps couru après le bonheur, comme si c’était quelque chose qui arriverait dans le futur, au moment où j’aurais fini ci, réalisé ceci, réglé cela. Je croyais que le bonheur viendrait quand j’aurais atteint certains objectifs de vie ou objectifs tout court. Cependant, une fois le but atteint, ce n’est pas le bonheur que je trouvais, mais plutôt de nouveaux objectifs à poursuivre. Comme un hamster dans sa roue, je me maintenais dans un tourbillon étourdissant, sans réaliser que je ne cherchais pas le bonheur au bon endroit.

Alors, il arrive quand, le bonheur?

La réponse : maintenant!

Cultiver notre âme d'enfant

Plus ils sont jeunes, plus les enfants ont une aptitude à vivre pleinement le moment présent. Ils s’émerveillent autant qu’ils savent pleurer leurs peines, ils éclatent de joie aussi intensément qu’ils hurlent leurs peurs. Ils sont là, dans l’instant. En grandissant, nos responsabilités s’accumulent et les « il faut » se multiplient. On oublie alors d’ « être » tellement on a de choses à « faire ». On se décentre du présent dans le but de préparer le futur. Et petit à petit, on néglige les petits bonheurs qui sont ceux qui nous rendent vraiment heureux parce qu’on est trop occupés à courir pour atteindre au plus vite « quelque chose de mieux ». Comme un assoiffé qui s’essoufflerait à se rendre au puits lointain sans voir les gouttes de pluie accumulées au creux des feuilles des arbres qu’il croise en chemin. Les enfants, eux, même s’ils sont en route pour Walt Disney, voudront s’arrêter à chaque fois qu’ils verront une simple balançoire. Et plus encore, quand ils sentent et savent ce qu’ils aiment, ils cherchent spontanément à se placer eux-mêmes sur la route de ce qui les rend heureux et à s’en nourrir.

Le bonheur, vu par la raison et par les adultes que nous sommes, est rempli de nuances et de contradictions. En fait, quand nous cherchons à définir le bonheur, à philosopher et théoriser sur le sujet, nous pouvons difficilement le réduire à une description courte et simple. Cependant les réponses à la question C’est quoi le bonheur? deviennent très simples quand nous les cherchons dans nos expériences vécues. Il n’y a qu’à lire ci-contre les quelques exemples récoltés auprès d’enfants pour nous rappeler que le bonheur est accessible à toute heure du jour.

Faire ce qu’on aime et vivre nos passions

Pour être heureux, il est essentiel de faire le plus possible ce qu’on aime dans la vie et de vivre nos passions. Pourquoi est-ce souvent plus facile à dire qu’à faire? Il y a nos responsabilités et nos obligations, je sais. Il y a les besoins des autres aussi. Il y a le travail, bien sûr. Il y a les limites financières, de temps, de température, de contexte, etc. Je sais tout ça. Mais au-delà de toutes ces justifications extérieures à nous, pourquoi n’arrivons-nous pas plus souvent à prioriser ce qui est prioritaire?

Par culpabilité? Par peur d’être jugé, de déranger, de ne plus être aimé, du conflit, de faire de la peine, de susciter de la jalousie? Par difficulté à nous accorder de la valeur? Par manque de confiance en la vie? Par incapacité à déléguer et à faire confiance aux autres? Par dépendance affective qui fait qu’on se fond dans les désirs de l’autre? Les obstacles les plus difficiles à dépasser sont ceux qui sont de cette nature, c’est-à-dire à l’intérieur de nous, et ce sont surtout eux qu’il faut identifier pour ensuite avoir le courage de les affronter et mettre nos passions et ce qu’on aime au cœur de toutes nos journées.

Posez-vous la question : qu’est-ce qui me rend heureux, qui me donne le sourire, me motive, me fait ressentir une pulsion de vie? Et puis faites-le. Tous les jours, si c’est réaliste; le plus souvent possible sinon. Exactement comme le font les enfants. Sans attendre le bon prétexte, le bon moment, que quelqu’un d’autre nous serve ce moment sur un plateau d’argent… sans attendre d’être dans un monde idéal.

Le bonheur n’est pas l’absence de souffrance

Le bonheur est inaccessible si nous croyons que l’atteindre signifie vivre dans un monde idéal sans imperfection, sans douleur, sans souffrances. Cette conception n’existe que dans les contes de fée. De plus, il est illusoire de croire que le bonheur apparaîtra, comme par magie, après un moment d’inconfort ou une épreuve de vie. Finalement, croire qu’il serait présent si le passé avait été différent, c’est tenter de construire une vie sur quelque chose qui n’existe pas.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le bonheur peut cohabiter avec l’imperfection, l’inconfort et la souffrance parce que le bonheur ne se trouve pas dans un monde idéal, dans le futur ou dans le passé. Il est inatteignable quand nous le cherchons dans l’absolu mais tout proche quand nous arrivons à vivre le moment présent en pleine conscience. Pour ce faire, un secret : ralentir.

Ralentir pour habiter le temps et goûter le bonheur au présent!

Les actions, les dépassements de soi, les défis relevés sont très valorisés dans notre société, c’est bien connu. Même les questions spontanées qu’on pose ou qu’on se fait poser à la fin de notre journée en témoignent. « Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui? » « Qu’est-ce que t’as appris de nouveau aujourd’hui? »

Bien rares sont ceux qui demandent : « Comment se sont passés tes moments d’arrêt aujourd’hui? » Cela semblerait même plutôt cocasse, n’est-ce pas? Alors la plupart d’entre nous continuons de nous activer comme des fourmis.

Ralentir n’est pas un mot à la mode. C’est bien dommage car dans l’activisme nous perdons plusieurs cadeaux que nous offre la lenteur.

Avez-vous remarqué que lorsque nous laissons une gorgée de vin ou une bouchée de chocolat rouler plus longtemps dans notre bouche pour en décupler la saveur et nous combler davantage de plaisir, nous éprouvons moins le besoin de manger ou boire en grande quantité? Cet exemple s’applique à toutes nos actions. Plus nous habitons le temps, moins nous avons besoin de nous étourdir dans l’action, parce que la pleine conscience du moment présent nous permet d’identifier nos véritables besoins et ce qui nous fait vraiment envie. Au lieu d’accomplir des gestes inutiles, nos actions deviennent alors plus justes et tellement plus satisfaisantes intérieurement. Nos minutes se remplissent plutôt que de s’écouler. Cette pleine conscience de soi semble déjouer la montre et augmenter le plaisir. Cependant cette pleine conscience de l’instant ne se savoure que si nos sens sont en éveil et que notre cœur est ouvert.

Avoir nos sens en éveil et accepter de ressentir nos émotions

C’est par l’ouverture des sens et l’ouverture du cœur que le bonheur entre en soi.

Si nos sens sont endormis, nous ne verrons pas la beauté du ciel, ni n’entendrons le rire des enfants; nous ne sentirons pas l’odeur des feuilles mortes et humides sur le sol et nous ne frissonnerons pas quand notre amoureux nous effleurera d’une caresse.

Si notre cœur est fermé, nous ne ressentirons pas toute l’émotion qui vibrera en nous quand notre ado sera fier d’être accepté à l’école de son choix; nous resterons insensibles au sourire de la caissière qui nous remettra notre monnaie, nous serons inatteignables quand la personne que nous aimons le plus au monde nous dira à quel point nous sommes importants pour elle.

Le bonheur n’existe pas parce que nous savons que quelqu’un nous attend à la maison après le travail. Il existe quand nous arrivons à ressentir à l’intérieur de nous-mêmes, tout le bien-être, le sentiment de plénitude, l’amour que nous avons pour celui ou celle qui nous attend et la grandeur du sentiment d’être aimé et attendu.

Plus nos sens seront en éveil et plus nous accepterons de ressentir nos émotions, plus nous laisserons le bonheur envahir nos journées. Et cela est d’autant plus vrai si nous choisissons de remplir celles-ci d’activités qui nous font plaisir.

Le bonheur se trouve dans l’essentiel

Un problème avec le bonheur, c’est qu’il a fait l’objet d’une grande illusion. On s’est fait croire qu’il dépendait de nos acquisitions matérielles, de nos réalisations, de nos objectifs atteints, de notre quantité d’amis, de nos résultats, de nos succès, de notre apparence, de la quantité d’argent que nous avons… Rien de cela n’est vrai. La preuve est que nous ne sommes pas nécessairement plus heureux avec notre nouvelle maison, notre nouveau diplôme, notre nombre d’amis… Tout cela nous fait plaisir peut-être mais pour un temps seulement.

Le bonheur se cache dans l’essentiel, dans ce qui nourrit non pas notre ego mais notre être profond. Saint-Exupéry a écrit : « L’essentiel est invisible pour les yeux. » Selon moi, le bonheur se cache donc souvent dans ce qu’on ne voit pas. Le bonheur n’est pas provoqué par une grosse maison, mais par la paix et la sérénité qu’on arrive à ressentir dans notre chez-soi, quel qu’il soit. Il n’est pas camouflé dans une nouvelle robe, mais dans notre capacité à apprécier ce qui est beau en soi, quelle que soit l’âge du vêtement qu’on porte. Il ne se trouve pas dans le nombre de relations que nous avons, mais dans la qualité de celles-ci…

Le bonheur ne se cultive pas par la recherche de quelque chose qui est à l’extérieur de soi, mais par ce qu’il y a de grand et de bon en soi. Le bonheur n’est ni hier, ni demain; il est là, ici, maintenant. À nous de le trouver en soi, de le cultiver et surtout de le goûter!

C’est quoi le bonheur?

« Le bonheur, c’est avoir une maman, un papa et des frères. »

« Le bonheur, c’est faire du sport et installer ma cabane à oiseaux avec papa. »

« Le bonheur, c’est manger un bon pâté chinois. »

« Le bonheur, c’est jouer aux hockey et m’amuser avec mes amis. »

« Le bonheur, c’est écouter de la bonne musique. »

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