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B comme Besoins


« Qui mieux que vous sait vos besoins ? Apprendre à les connaître est le premier des soins. » Jean de La Fontaine

À la racine du terme “besoin” se trouve le mot “soin”, issu du francique bisunnia. « Prendre soin de nos besoins est un impératif à notre bien-être et à notre équilibre. C’est une marque de respect à l’égard d’un être vivant qui, par essence, a des besoins. Cela permet de nourrir l’estime de soi et donc l’amour de soi », explique Lucile Roux, coach professionnelle et cofondatrice de Symbolones, organisme de formation dédié aux femmes. Et, d’après une étude de 2020* sur l’amour de soi, six personnes sur dix dans le monde souhaitent éprouver plus de respect envers elles-mêmes. À partir du XIe siècle, la notion évolue. Le "besoin" est alors un sentiment de privation lié aux exigences nécessaires à l’existence de l’être humain. « Apprendre à satisfaire nos besoins génère des émotions agréables. À l’inverse, négliger nos besoins nous fait vivre des émotions désagréables », confirme Lucile Roux. TOUT LE MONDE A DES BESOINS. Tous les êtres humains ont des besoins, c’est propre à notre nature. Et nous avons tous les mêmes. Abraham Maslow, psychologue humaniste américain du XXe siècle, les a catégorisés et schématisés sous la forme d’une pyramide avec : les besoins physiologiques (manger, boire, dormir, respirer…), de sécurité (physique, logement, santé…), d’appartenance (avoir des amis, être aimé…), d’estime (respect, reconnaissance, autonomie…), d’accomplissement (se former, apprendre, créer…). Si certains besoins sont fondamentaux pour vivre et relèvent du corps (physiologiques), ceux de l’esprit sont tout aussi importants pour se sentir bien. L’ensemble est interconnecté et qualifie l’interaction de l’individu avec son environnement. Aucune dimension ne peut être négligée. Mais, selon la culture, le milieu social ou encore l’éducation, ils se manifestent différemment et ne sont pas hiérarchisés de la même manière. Qui plus est, « pour un même besoin, deux personnes n’auront pas la même stratégie pour le combler, explique Lucile Roux. Prenons l’exemple du besoin de réalisation : pour moi, cela va se traduire par la conduite de projets importants pour mon entreprise alors que, pour une autre femme, cela peut être de faire des tableaux, pour une troisième du bricolage et pour une quatrième de cuisiner des plats innovants ! » Un cheminement introspectif à la rencontre de soi qui peut se faire seul ou accompagné. Laissez votre cœur vous guider !


3 QUESTIONS À COLETTE PORTELANCE, TRA THÉRAPEUTE EN RELATION D’AIDE®, FONDATRICE DU CRAM** ET DE L’APPROCHE NON DIRECTIVE CRÉATRICE


Quelle méthode utiliser pour travailler sur nos besoins ?

La première chose à faire, c’est de les identifier, d’apprendre à les connaître en écoutant nos émotions et en mettant des mots dessus. Nous pouvons évaluer le degré de satisfaction de nos besoins et nous demander : « Pourquoi suis-je insatisfait ? Derrière cette douleur, quel est le besoin que je ne respecte pas ? Comment mieux le combler ? » Ensuite, il faut accepter nos besoins, les assumer. Cela revient à ne pas en avoir honte ni peur. Puis, à prendre la responsabilité de leur satisfaction et voir comment nous pouvons nous en occuper, comment exprimer notre besoin plutôt que d’attendre que les autres les devinent et les comblent à notre place. Et ce, un besoin après l’autre, en fonction des situations auxquelles on fait face.

Comment repérer nos besoins non comblés au quotidien ?

Quand un besoin n’est pas satisfait, un événement va arriver dans ma vie pour faire en sorte de m’en occuper pour toutes les fois où je ne m’en suis pas occupé. Cela va réveiller des blessures de ma mémoire inconsciente et faire apparaître de la souffrance. Si je n’écoute pas ce que je vis et queje ne comble pas mon besoin, je vais recourir à des mécanismes de défense (refoulement, culpabilité, autopunition, rejet, jugement de l’autre…), entrer en conflit avec moi-même et mon entourage et rester dans la souffrance. Ce qui va m’aider, c’est le travail que je vais faire sur cette souffrance pour passer d’un sentiment désagréable au mieux-être… Un acte d’amour de soi vers la sagesse.

Un besoin satisfait est-il comblé pour toujours ?

On a tendance à croire qu’une fois le chemin réalisé, le travail est terminé. Mais ce n’est pas parce que c’est gagné dans telle situation ou avec telle personne que c’est le cas avec les autres. Le travail à réaliser est chaque fois différent. Et puis, il n’est jamais atteint ni réalisé pleinement notamment parce que l’être humain évolue et est confronté à de nouvelles situations. Comme pour l’amour de soi, il est à alimenter continuellement. L’impression de retour à la case départ est tout à fait normale. La différence, c’est qu’avec l’expérience on identifie, on accepte et on se responsabilise plus rapidement, bien que cela ne nous protège pas des erreurs qui peuvent survenir… Même à 79 ans !



* Étude Ipsos menée en collaboration avec The Body Shop

** Centre de relation d’aide de Montréal

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